Une création mondiale du chef-d’œuvre de Shakespeare

le 24 septembre, 2008

Moncton N-B, CANADA : La danse et le théâtre conjuguent leur puissance dans LE ROI LEAR, le tout nouveau ballet-théâtre plein programme du Ballet-théâtre atlantique du Canada, dont la création mondiale aura lieu le 10 octobre 2008 au Théâtre Capitol de Moncton. Après avoir délaissé la tragédie le temps de créer un DON JUAN comique et charmant la saison dernière, Igor Dobrovolskiy nous revient plus dramatique et plus troublant, dans son interprétation d’une grande beauté visuelle du monument tragique de William Shakespeare, « King Lear ».

De nombreux chorégraphes ont créé des ballets courts et longs en s’inspirant des œuvres du chantre d’Avon, mais ce ROI LEAR que présente Ballet-théâtre atlantique du Canada est le premier ballet pleine longueur qui ait été réalisé d’après ce qu’on considère le plus grand chef-d’œuvre de Shakespeare. La musique du grand compositeur russe Dmitri Chostakovitch sert de fond au ROI LEAR de Dobrovolskiy, le sombre et captivant récit d’une histoire d’orgueil et de trahison.

« C’est avec une très grande fierté que nous présentons la grande première de cette superbe production ici chez nous, au Canada atlantique » a confié la PDG de la compagnie Susan Chalmers-Gauvin. « Il s’agit d’un accomplissement de taille dans le monde de la danse », a-t-elle poursuivi, « et le fait de pouvoir monter une œuvre comme celle-ci ici au Nouveau-Brunswick jalonne l’avancement des arts de la scène dans notre région. »

Avec la collaboration de la conseillère dramaturgique Sharon Pollock, auteure dramatique et metteure en scène parmi les plus respectés dans le monde du théâtre au Canada, Dobrovolskiy a créé une histoire dont les thèmes et les origines classiques parlent au public contemporain. Le ballet s’ouvre sur le roi Lear qui a décidé, vu son âge avancé, de céder son pouvoir et de partager son royaume entre ses trois filles, Cordelia, Regan et Goneril. La plus grosse part du royaume ira à celle qui manifeste le plus d’amour pour son père. Rusées et corrompues, Goneril and Regan mentent à leur père dans un excès de marques d’affection. Celle qu’il préfère, Cordelia, lui dit simplement qu’elle l’aime comme une fille doit le faire. Sa réponse sincère mais réservée met le roi en rage et il la déshérite. La chorégraphie expressive et énergique de Dobrovolskiy relate comment Goneril and Regan abandonnent odieusement leur père et comment s’opère en Lear la déchéance d’un arrogant et puissant monarque en un être brisé, errant, sombrant dans les regrets.

Orgueilleux et fou, déplaisant et sympathique à la fois, le personnage de Lear est l’un des plus complexes chez Shakespeare et l’incarner présente tout un défi. Sergiy Diyanov s’est déjà montré à la hauteur de plusieurs premiers rôles du répertoire créé par Dovrovolskiy, y compris les rôles titres du FANTÔME DE L’OPÉRA et de MERLIN. Diyanov fait de Lear non pas une figure de gloire tragique mais celle d’un homme égoïste et sot qui a été épargné par les dures réalités de la vie. Lorsque ses enfants le trahissent et le rejettent, son univers et celui de son entourage se désintègre dans le chaos et la violence.

Les oppositions entre le bien et le mal, entre le vrai et le mensonger, sont évoquées dans le décor contemporain géométrique de Brian Perchaluk ainsi que les costumes dramatiques et sensuels de Denis Lavoie. Les créations de Lavoie mettent en contrepoint la nature violente et amorale de l’élite sociale et la situation affligeante des sans-abris.

On trouve de tout dans ce ROI LEAR du Ballet-théâtre atlantique du Canada : meurtre, amour, cupidité, humour, folie, déception, remords et morts en abondance. Un divertissement à ne pas manquer.

LE ROI LEAR est à l’affiche du Théâtre Capitol les 10 et 11 octobre 2008. La production entame ensuite sa tournée inaugurale en Atlantique.

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